confortable, située pont "F", au 6e niveau du navire, juste en dessous de
la passerelle. Dans quelques instants, nous allons appareiller et quitter Marseille pour Gênes.
Drôle d’impression que de pénétrer dans l’antre d’un tel bâtiment. Car même si ce "porte-boîtes", ainsi nommé dans le jargon de la marine marchande, est de taille moyenne, il est très impressionnant pour
moi qui suis habitué aux voiliers. Les dimensions de ma cabine sont à l'échelle du navire.
Pour l’instant tout est calme. Je suppose qu’on attend le pilote, personnage indispensable pour quitter
ou aborder un havre. Le navire a quelque chose de rassurant, il semble presque neuf. Tout est
donc impeccable ! Presque trop pour moi qui suis amateur de rouille et de boursouflures rougeoyantes... J’ai, toutefois, déjà, repéré des angles et des points de vue intéressants depuis le pont.
Sortir d’un port sur ce mastodonte me fait un étrange effet. Sans doute est-ce parce que je regarde "d’en haut" les
quais, les feux d’entrée. Pour les voir, je devais, jusqu'alors, lever la tête. Les phares des jetées respectives
ressemblent à des éléments de maquette. Je me souviens d'avoir eu cette impression en regardant le simulateur de l’école des officiers de marine marchande, à Saint-Malo.
Nous avons plongé dans la nuit noire de la Méditerranée, pas de lune ce soir.
Je suis à mon bureau et le trémolo des machines me masse, une vibration régulière à
laquelle je vais devoir m’habituer, même en dormant.
Bientôt, nous rejoindrons Gênes, port au pied de la Toscane... Ce voyage résonne en moi comme une renaissance artistique.



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