samedi 23 janvier 2010

Samedi 23 janvier, 8h30

Le "Marajo" fait route vers Valence. Ce matin je me suis réveillé tôt et, côté bâbord (gauche) où se trouve ma cabine, j’ai aperçu, étonné, la côte par le hublot ! A priori me suis-je dit, en faisant une route d’Est en Ouest, on ne devrait pas voir la terre de ce bord. C'était la Corse. J’aurais dû le deviner au premier coup d’œil en voyant les hauteurs se profiler à contre-jour, dans le soleil levant. La température a beaucoup changé, il fait beau et le vent glacial qui descendait des sommets italiens a fait place à une douce chaleur méridionale. Nous allons quitter définitivement les traces d’Ulysse pour suivre celles de Colomb et de Vasco de Gama. Dans un peu moins d’une trentaine d’heures, soit vers 6h dimanche, nous serons à Valence. Nous en repartirons lundi pour entamer la traversée de l’Atlantique, après un bref stop à Tanger.

C’est étonnant comme je m’habitue à la taille du bateau. Ce matin il m'a semblé beaucoup plus petit… Sans doute est-ce parce que nous sommes en mer et qu’il n’y a plus de rapport d’échelle. Hier encore, alors que je faisais des photos du quai, je n’avais pas du tout cette impression. J’ai d’ailleurs joué à Pythagore en fixant mon ombre sur l’échelle de flottaison du navire. Là, bien sûr, on se sent tout petit, tête d’épingle si, par malheur, on se retrouvait à l'eau au flanc de ce dinosaure des mers.

En faisant un tour à la passerelle (poste de commande du navire), j’apprends, en anglais, par le second capitaine qu’il y aura un exercice d’évacuation du navire «Abandon ship» et cela, en mon honneur. A un moment de la journée, inconnu de tous, les haut-parleurs du bord diffuseront sept sons brefs et un huitième, plus long. Je devrai alors rejoindre un poste de ralliement avant d’embarquer dans le canot de secours. Manoeuvre fictive, bien entendu.

Hier, j’ai donc fait un certain nombre de photos du chargement. A Livourne, terminal conteneur de la Toscane, des portiques chargent le bateau beaucoup plus rapidement que les grues. Sur la longueur du navire, pas moins de trois portiques étaient à l'oeuvre. Les camions se glissent dessous, à plein ou à vide selon qu’ils chargent ou déchargent, les chauffeurs ne quittent même pas leur volant. Le conteneur est saisi sur le bateau et posé en quelques secondes sur le camion ou... l'inverse naturellement. Le chargement dure jusqu’à la dernière minute et la manœuvre - pour quitter le quai - s’enchaîne aussitôt. Vous l’avez compris, l’immobilisation du navire coûte cher, il n'y a donc pas de temps à perdre.

Après le départ, l’agitation du bord cesse et chacun - excepté ceux qui sont de quart (de service) - vaque à ses occupations personnelles. La passerelle reste animée mais dans les coursives, on ne croise pas grand monde. Le bateau a des allures de vaisseau fantôme.

Pour l’instant j’ai fait quelques croquis au crayon mais pas encore d’encre. Ce matin, j’ai quémandé un pot en plastique à Olena, la stewardess, pour... l'eau. Bientôt donc, les premières couleurs.

A demain.

1 commentaire:

  1. Comment fais-tu pour rendre cette réalité si belle!!! Tes photos sont spendides. Merci, je voyage...
    Caro Vigneau-Filatre

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