mercredi 13 janvier 2010

Contain’art, lien et objet

Résidence embarquée, 20 janvier-7 mars 2010

 

Le 20 janvier, j’embarque pour une résidence d’artiste un peu particulière à bord du porte-conteneurs Marajo, propriété de la compagnie marseillaise Marfret.

Destination : l’arc Caraïbe et l’Amérique centrale.

Temps de flottement : plus de trente jours pendant lesquels je travaillerai sur la notion de «lien» et sur l’objet «conteneur».

Projet : une possible exposition à Marseille à l’horizon fin 2010 ou début 2011.

 

Le présent blog aura pour fonction de vous livrer les détails de cette expérience maritimo-artistique, pour moi inédite.

 

Contenu, contenant, conteneur...

La compagnie française Marfret a coutume d’ouvrir ses navires aux résidences d’artistes. Raymond Vidil, son président directeur général, sensible à l’association art-mer, a lui-même pris la plume - avec le journaliste Patrick Mouton - pour conter la saga de sa société dans Le Chemin du Monde (Actes Sud, 2006).

Le Marajo est un porte-conteneurs de 170 mètres de long et de 27, 2 mètres de large. «Affichant un port en lourd de 21.244 tonnes, il présente une capacité de 1691 EVP, Equivalent Vingt Pieds, taille standard du conteneur», précise sa fiche technique (www.meretmarine.com/article.cfm?id=108600).

 

Outre une mise en situation excitante, c’est évidemment mon intérêt pour le monde maritime et portuaire, pour le mystère enfoui dans ses lumières, qui m’a poussé à tenter l’aventure.

Pour la première fois, je vais voyager dans l’un de ces cargos dont j’ai si souvent peint les contours, découvrir de l’intérieur, et donc «contenu», un univers et ses codes.

La restitution plastique que j’envisage aura pour thème la construction du lien dans ce lieu mouvant via ses composantes humaines, sociales, économiques, géographiques et formelles.

 

Le conteneur, standardisé par Malcom McLean dans les années 30, a révolutionné le transport maritime international pour devenir l’emblème du commerce mondial, lien matérialisé entre les continents.

J’explorerai l’esthétique de ces parallélépipèdes d’apparence neutre, avec à l’esprit, l’option tautologique «What you see is what you see» d’artistes minimalistes comme Donald Judd ou Robert Morris. Leurs oeuvres, faites de matériaux industriels, formes insensibles au temps, se voulaient dissuasives de toute représentation ou de croyance en l’objet.

Je penserai aussi au questionnement plus prudent du philosophe et historien de l’art Georges Didi-Huberman. «Donner à voir, c’est toujours inquiéter le voir dans son acte et dans son sujet», écrit-il dans Ce que nous voyons, ce qui nous regarde (Minuit, 1992). «Il n’y a pas à choisir entre ce que nous voyons (avec sa conséquence exclusive dans un discours qui le fixe, à savoir la tautologie) et ce qui nous regarde (avec sa mainmise exclusive dans le discours qui le fixe, à savoir la croyance). ll y a, il n’y a qu’à s’inquiéter de l’entre. il n’y a qu’à tenter de dialectiser».

3 commentaires:

  1. Bonjour Eric,
    c'est un super projet, nul doute que tu vas être dans tes éléments : la mer, la peinture. Je te souhaite bon vent d'inspiration et suivrai tes aventures avec grand plaisir.
    Amitiés et à bientôt de revoir pour que tu me contes de vive voix cette expérience singulière.
    jean-jacques

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  2. Embarquement .. presque immédiat alors bon voyage! Nous suivrons donc les péripéties de ton voyage sur ce blog.
    Grosses bises

    Anne

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  3. Salut l'Artiste,
    Encore un grand projet qui sans nul doute arrivera à bon port, et qui sait peut-être un jour fera escale à La Martinie de Lisle où les portes de notre nid te sont toujours grandes ''ou vertes'' !
    Mélodieuses, picturales et amicales pensées. Serge Martine.

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