Pour moi, il est 7h23 du matin. Je suis déjà réveillé depuis un petit moment. Les raisons : à nouveau de la houle, du mauvais temps, le décalage horaire et la pleine lune persistante de la nuit. Après une période de calme, hier en fin de journée et pendant une partie de la nuit, la météo recommence à se dégrader. N’ayant pas consulté le fichier météo, je ne sais pas encore pourquoi. Je pense que nous sommes en train de sortir de la même dépression et, après une accalmie en son centre, nous "attrapons" l’autre bord et des vents de nord-ouest de force 8 Beaufort .
Nous sommes environ à un gros tiers de l’Atlantique. Cette fois, la mer est de face et il y a un mélange de roulis et de tangage assez déstabilisant. De plus, le choc du navire contre une vague plus forte que les autres produit plusieurs à-coups. Le commandant Poislane m’a expliqué qu'il s'agissait de l’effet écho des ballasts. L'eau contenue dans les ballats bouge avec un temps de retard et renvoie un second impact, voire un troisième. Ce matin, j’ai vraiment l’impression d’être au parc d’attractions. J’ai rangé le second écran de l’ordinateur, histoire lui éviter le sort de la caméra. L’étrave lève des flots d'écume, il devrait y avoir de belles photos à faire.
Acquis de l'expérience... On comprend pourquoi il vaut mieux emballer les choses sérieusement avant de les envoyer par cargo, dans des conteneurs. Je continue à travailler sur le mouvement, la répétition et j’ai collecté un certain nombre d’éléments que je vais pouvoir mettre en lien pour la restitution de ce travail.
À l’image du barographe, j’ai plus ou moins installé un "gitangographe", sorte de sismographe pendulaire qui enregistre les mouvements dans les deux dimensions du bateau (roulis et tangage). C’est en quelque sorte une trace à l’échelle des déplacements que subit notre propre corps malmené, ou non, par la houle. C’est aussi une trace des mouvements infligés aux marchandises et denrées à l’intérieur des parallélépipèdes-conteneurs. Cette image du jour mise en corrélation avec le fichier météo, le trace du Baro, devrait produire quelque chose d’intéressant sur le plan graphique et plastique.
C’est déjà mon deuxième dimanche à bord. Comme chaque dimanche, il y avait des croissants au petit déjeuner. Et chez vous ?
dimanche 31 janvier 2010
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bonsoir Erick,
RépondreSupprimerPas de croissants au petit dejeuner en ce dimanche, mais une retrouvaille avec Aubin qui rentrait d'un super grand WE familiale a Angouleme ou il a pu profiter de ce festival de BD dont tu parlais l'autre jour.....On l'a retrouve avec les grands yeux ecarquilles, des croquis et autres dedicaces sous le bras, et le sentiment d'avoir approche quelquechose qui le transporte deja dans d'autrers univers, un petit peu comme nous quand nous te lisons.
A bientot.
Stan