vendredi 22 janvier 2010

Jeudi 21 janvier, 7h30

Où il y a de la Gênes, il n’y a pas de…

Nous entrons dans le golfe de Gênes, le vent s’est levé avant moi ! Les moutons que j’aperçois à la surface de l’eau me laissent supposer qu’il y a entre 20 et 25 noeuds de vent (environ 50 km/h pour les Terriens).

Le temps est, exception faite de la température, parfaitement méditerranéen et j’entrevois par mon hublot - ou plutôt mes hublots - les neiges qui coiffent les sommets bordant le golfe.

Mon petit déjeuner avalé, je remonte sur la passerelle pour profiter de l’arrivée. Gênes se profile plein nord. Le capitaine annonce le cap. Son second, qui a pris la barre manuellement, répète le cap annoncé, s'exécute et répète
encore le chiffre suivi de «Now», pour confirmer.

Maintenant, nous voyons nettement la ville et son magnifique phare. Difficile de ne pas penser à "notre" île de beauté parsemée des fameuses tours génoises. Un petit bateau coloré fonce vers nous dans le clapot court et dans l’air vif du matin. C’est le pilote. Le "Marajo" ne prend même pas le temps de mettre en panne. Le pilote rejoint le bord par une échelle. L’homme
a le vrai look italien : peau mate, lunettes de soleil vissées sur le crâne. Il prend place à côté du commandant. Je crois savoir qu’une fois à bord, il est, momentanément, le nouveau maître après Dieu.

Des chiffres et des ordres sont encore donnés au second, toujours à la barre... plutôt, semble-t-il, des angles de barre et
non des caps. Bref, le bateau pénètre dans l’abri sans encombres et s’ensuit la délicate séance de remorquage qui le pose
définitivement le long du quai.

A peine le mastodonte est-il immobilisé que la valse à deux grues démarre. Et une valse à deux grues, c’est tout aussi
incongru qu’un jeu de portiques, mais tout aussi efficace.
Je fais un bref passage dans ma cabine et à mon retour, une bonne dizaine de conteneurs sont déjà sur le quai. L’organisation relève de l’orchestre symphonique. La mélodie, en revanche, est loin d'être harmonieuse.

Je saisis quelques images et je saute dans un taxi pour aller me faire vacciner contre la fièvre jaune, en prévision de destinations tropicales.
Après le déjeuner, une balade dans Gênes me le confirme : je suis bien en Italie. La ville, dans les quartiers du port, est colorée, du linge s'étend de façade à façade et les palabres vont bon train dans les ruelles malgré la fraîcheur ambiante.

Je vous envoie quelques photos d'un cybercafé et je rejoins le bord. Nous allons à nouveau appareiller. Les lumières rasantes de la fin d’après-midi donnent un relief singulier aux parallélépipèdes qui m’intéressent dans ce voyage. Le jeu des conteneurs-cubes géants, la géométrie des ombres, sans laquelle la lumière serait inexistante, commencent à m’interroger. Mais, pour l'instant, je suis encore dans l’approche... des choses et des êtres, des membres de l’équipage pas faciles à aborder.

Si je dois parler, traiter du "lien", je vais, le premier, devoir en créer.

Arrivederci et à demain.




1 commentaire:

  1. Bon voyage Erick!
    C'est très interessant ton projet d'art dans le bateau, le voyage comme métaphore de vie

    Avanti

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