
Dans quelques minutes, le "Marajo" devrait quitter Valence et faire - dans 24 heures - un bref stop à Tanger ou plutôt au terminal conteneur de Tanger, lequel est situé à environ 60 kilomètres de la ville marocaine.
Tout d'abord une précision relative à l’article de jeudi dernier. Contrairement à ce que j’ai écrit - pardon pour cette erreur fruit de la rumeur - le pilote ne devient pas, le temps de sa présence à bord, "le maître après Dieu". C'est bien le capitaine et lui seul qui reste à tout instant maître à bord, entièrement responsable du navire et de sa bonne marche. Le pilote n’est qu’un conseiller technique que les infrastructures portuaires ont obligation de faire intervenir pour une certaine taille de navire.
Le temps est particulièrement maussade. Je confiais ce matin au motor man qui m’a accompagné en ville que la météo me semblait plus anglaise qu’espagnole. En tout cas, pas de grand changement par rapport à la météo bretonne.
Valence est un très gros terminal conteneur. Hier, d'imposants bateaux pouvant contenir jusqu’à 13 000 conteneurs de vingt pieds ont précédé le "Marajo". Lequel, pour rappel, présente une capacité de 1 691 EVP (Equivalent vingt pieds, taille standard du conteneur).
Le décor des quais est encore plus grandiose qu’à Livourne. On dirait des pistes d’aéroport encombrées de boîtes à chaussures pour géants. Les avions sont doublés par des portiques, géants eux aussi, grands échassiers privés d’ailes. Dans un concert quasi permanent, les grues émettent un piaillement presque animal.
Le rythme des conteneurs est intéressant d’un point de vue plastique. Pour des raisons commerciales, les jauges des bateaux sont données en capacité de chargement d'Equivalent vingt pieds, mais les conteneurs les plus fréquents, à bord et à quai, sont des deux fois plus grands.
C’est donc un objet long d'environ 12 mètres, large de 2,50 mètres et haut de 2,50 mètres (ou 2,70 mètres pour les "high"). Et parfaitement parallélépipédique pour un rapport de quatre fois sa largeur pour sa longueur. On peut donc inscrire quatre carrés sur une de ses faces et dix huit carrés sur l’ensemble de sa surface déployée. Seuls les "high" jouent les trouble-fêtes avec une hauteur d’environ 2,70 mètres. Le côté porte devient donc un rectangle.
Invariablement, ces formes renvoient à l'enfance, aux cubes en bois colorés et, sans doute pour les plus jeunes, aux éléments en plastique, incassables emboîtables, de la marque Lego. L’idée d'assembler, d'empiler ces pièces est presque instinctive. D’ailleurs tout est prévu pour qu’elles s’empilent, y compris les éléments (twist-locks ou mid-locks) qui les verrouillent entre elles.
Graphiquement aussi, il est tentant de les empiler de face ou de profil, l'un ou l'autre ou... l'un et l'autre. De les organiser en trouvant un rythme mathématique, exercice qui n’aurait pas déplu à l'artiste peintre géométrique abstrait Aurélie Nemours (1910-2005). Je vais donc tenter une mise en œuvre.
A bord, j’ai mis en place deux dispositifs dont je vous révèlerai la forme et l'usage un peu plus tard.
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Hombre !
RépondreSupprimerOmbres et ... lumières.
Noir et couleur.
Silhouette sur rouge.
Ton rouge!
Contenant sur conteneur, quel contenu !
Ah, elles me plaisent celles là.
Comme les ancres de tes yeux,
car tu les aiment visiblement
ces eaux de métal remontées du fond ?
Comme les rostres, Deroost ?
Bon j'arrête, on se calme.
Je continuerai en privé,
autour d'un verre Muscadet,
presque rond dans le carré
de ton voilier Muscadet.
A bientôt sur ton conteneur en bois,
quand le con tenu de photographier
le contenant du Morbihan
guettera d'autre ombres
et d'autres rouges....