mardi 26 janvier 2010

9h. Ça tangue pour Tanger !



Cette nuit, roulis et tangage... Nous avons été légèrement secoués jusqu’au changement de cap. La boucaille, ce crachin qui masque la visibilité, marquait probablement la fin du front chaud. Et à sa suite, le front froid a dégagé l’horizon tout en nous envoyant jusqu’à 35 nœuds de vent par le trois quarts arrière tribord.

Ce matin, il y a de belles vaguelettes à peine perceptibles sur un bateau de cette taille, d’autant que nous sommes presque dans l’axe. En ce moment, je pianote sur mon clavier d'ordinateur comme je le ferais à la maison. Alors que sur un voilier de 6,50 mètres, la force de vent et l'état de la mer me malmèneraient sérieusement.

La lumière matinale est superbe. Juste filtrée par la couche nuageuse qui voile le surplus d’ultraviolets, elle vient iriser la crête des vagues et l’écume de notre sillage.
Le trafic s’intensifie. A mon lever, il y a déjà une demi-douzaine de cargos autour du "Marajo". Sur tribord (à droite du bateau), j’aperçois les côtes du sud espagnol et des sommets enneigés. Dans quelque temps, vers 16h TU plus précisément, nous serons dans la passe de Gibraltar qui constitue en quelque sorte la vidange du "lavabo" Méditerranée. Dans ce passage étroit, le trafic est dense et, visiblement, dans tous les sens... liaisons Nord-Sud et passages d’Est en Ouest.

Ce matin, je suis allé faire un tour à la passerelle et j'ai pu échanger avec le second capitaine qui m’a montré notre position sur la carte. La vie à bord passe très vite et j’ai du mal à respecter l'emploi du temps que je me suis fixé. En effet, entre les repas servis bien entendu à heure fixe et les différentes petites tâches que j'ai programmées - un peu de vidéo, un peu de photo, un peu de dessin, un peu d’écriture et de lecture, l’envoi des messages -, je n’ai pas du tout l'occasion de m’ennuyer. J'ai même du mal à trouver suffisamment de temps pour lire.

En fin de journée, nous ferons un stop très court à Tanger Méditerranée pour charger quelques conteneurs. Ce terminal conteneur est en niveau de sécurité 2, en raison des problèmes d’immigration clandestine. On ne descendra donc pas du bateau mais de toute façon ce lieu loin de la ville ne présente pas beaucoup d’intérêt.

Hier, j'ai évoqué les dispositifs que j'ai mis en place afin de procéder à ma "récolte" d’éléments plastiques.. pour un usage futur. J'ai commencé à travailler sur la répétition et le rythme, en vidéo. Je continue à bord en filmant une séquence chaque jour à la même heure, à partir du même point de vue et pendant la même durée. Je compilerai ce travail à l’issue du voyage.

A demain.

PS : Je ne peux envoyer que très peu d’éléments graphiques. Le «Work in progress» se transforme donc en carnet de voyage même si je tente de décrire un peu les directions dans lesquelles j’essaie de travailler. J’essaierai d’envoyer davantage de documents visuels lors des escales.



2 commentaires:

  1. hello erick ... super de pouvoir lire chaque jour ce que tu vis sur ce mastodonte ! un voyage aussi pour nous lecteur ... en te lisant je découvre les ports d'où je fais qquefois partir de la marchandise !! c'est rigolo d'avoir cet oeil à bord ! super cet emploi du temps rythmé, riche et intensément artistique ..dommage que ton escale marocaine était nord !! Bon atlantique .. à te lire ... demain ! grosses bises nat & co

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  2. Salut Erick,
    En regardant de très près la première photo de ton article, j'ai immédiatement pensé à certains de tes tableaux....j'aime !
    Est-ce une photo ou un tableau ? Les 2 ?
    Marie Pierre

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