lundi 8 février 2010

10h15 TU. Prochaine escale chez Chavez !






L’escale à Rio Haina ne m'a offert qu'une vision furtive de ce bout de port de la République dominicaine. Pour des raisons de sécurité, nous avons été consignés à bord et des représentants de l'autorité ont investi le bateau, un planté tous les 20 mètres, pour contrôler les allées et venues des dockers. Ils craignent les embarquements clandestins. Une fouille a d’ailleurs eu lieu avant le départ, juste après le chargement qui s'est terminé vers 4h du matin.

Contrairement à ce que nous imaginions, c’est le calme parfait. Nous sommes tout près d’Haïti mais sur le plan d'eau, pas le moindre mouvement de bateau, pas de marchandises particulières à destination de la zone sinistrée, pas la moindre embarcation de l’US Navy ou d'une quelconque marine militaire, pas la moindre trainée de réacteur dans le ciel... Bref, rien ne laisse deviner la tragédie qui se déroule à quelques milles de là.

Rio Haina, port caraïbe... Hier matin, alors que nous approchions, j'ai vu un tas d’objets en plastique flotter le long de la coque. Intrigué, j'ai pensé qu'une poubelle était passée par-dessus bord. Eh non, c’est le flux de la rivière - où nous allons à quai - qui déverse dans la grande bleue les déchets provenant des cases qui bordent le cours d’eau. Les quais, les grues, le look des camions, les parfums ambiants, le volume impressionnant d’une mystérieuse sono diffusant du reggae, à l'autre bout du bassin... L'univers est bel et bien latino-caribéen.
Mais je n'ai pas eu le temps d'y goûter. Le "Marajo" est déjà reparti, le fret n’attend pas et les horaires sont extrêmement minutés. Point donc de marins de commerce refaisant le monde au café de l’escale et terminant la soirée, ou la nuit, dans les "rues qui glissent". La réalité, vous le comprenez, est assez éloignée de l’image d’Epinal.

En vérité, pendant les escales, les quarts continuent. Chaque homme est occupé deux fois quatre heures, auxquelles s'ajoutent deux heures d’inventaire, de mise à jour. Et peut donc difficilement aller faire un tour en ville surtout si elle est située à plusieurs km du terminal ou du port.
Les marins sortent peu, vivent à l’intérieur du bateau où ils ont tout à disposition y compris un gymnase et une piscine. Bateau-monastère d’acier flottant et de surcroît orthodoxe, l’équipage est à 90% ukrainien. Pour les marins ukrainiens précisément, cette austérité est encore plus prégnante puisqu'ils enchaînent plusieurs rotations avant de retourner au pays.

Nous naviguons à la vitesse de croisière, soit environ 17 nœuds. A la position du soleil, je déduis que nous faisons une route sud pour couper la mer des caraïbes en deux. Demain, je serai sur le continent sud-Américain sous quelques degrés (de chaleur) supplémentaires. C’est excessif ! j’espère que vous allez me plaindre !


A demain.


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