


Bleu des mers du sud, je crois me souvenir que c’est la couleur de cette liqueur digestive, aussi ingrédient de nombreux cocktails. Le pigment, lui, se nomme bleu outre-mer. Tout comme l’île que nous venons de croiser au large du Venezuela. Notre ETA est fixée à 13h26, heure locale à Puerto Cabello. Heure qui présente la particularité d’être décalée de seulement un demi-fuseau horaire, soit moins une demi-heure par rapport au grandes Antilles et par rapport à la façade Est atlantique des Etats-Unis. Le président Chàvez ne voulant surtout pas vivre à l'heure Yankee.
Les Américains construisent actuellement un véritable balcon de surveillance du continent sud-américain en implantant de nouvelles bases militaires en Colombie. Ces bases visent, entre autres, à contrôler les mauvais élèves que sont la Bolivie et le Vénézuela.
Washington estime en effet que ces deux pays ne coopèrent pas suffisamment dans la lutte contre le narcotrafic !
Un poste d’opération américain existe déjà sur l’île de Curaçao. Le president Vénézuelien voit en l'abondance de bases militaires américaines, une réelle menace. "Des vents de guerre commencent à souffler en Amérique du sud», déclarait-il en août 2009, au sommet des nations sud-américaines. S’il ne s’agit pas de guerre, ce déploiement de bases a sans doute pour objet d’effectuer des missions de renseignements dans l’ensemble du continent sud-américain et plus particulièrement dans les pays considérés comme instables, anti-américains et dans lesquels le risque d’insurrections narco-terroristes existe.
Depuis cette nuit, l’air est fortement chargé d'humidité. Une espèce de brume brouille l’horizon et la visibilité est mauvaise. En fait, je n'ai pas vu Curaçao... C’est la sonnerie précoce de mon portable, ignorante des décalages horaires, qui m'a réveillé à 5h30 du matin et m'a fait comprendre que j'étais à proximité d’une terre.
Hier, j’ai peint une bonne partie de l’après-midi et aujourd'hui, si je trouve un cybercafé à Puerto Cabello, je pense vous envoyer quelques-uns de mes croquis.
Le quotidien est rythmé par le fonctionnement du navire, la succession des escales et les heures des repas qui ne changent jamais. Le tout, conjugué aux horaires des quarts, laisse à bord peu de place aux rencontres. Sur mon sujet du lien ou des liens, j’apprends petit à petit qu’ils sont finalement peu nombreux avec la terre et qu’ils passent par des réseaux privés plutôt que collectifs. L’avènement d’Internet et du lien par satellite a énormément changé la donne à bord de ces navires. Les relations entre les marins et leurs familles s'alignent sur la navigation aujourd'hui entièrement pratiquée avec un positionnement satellitaire.
A bord, le mail est le lien permanent avec la terre. Il y a ensuite le téléphone aux escales et, dans les cybercafés, la possibilité de joindre l’image au son sur Internet... l’équivalent de visioconférences. Il y a donc peu de "collectif" sur le "Marajo" où le personal computer (PC) provoque la désertion de la "recreation room", côté équipage et côté officiers. Après le repas, chacun regagne sa cabine pour lire ou regarder une vidéo sur son propre PC.
Je vais vous quitter... J’ai rendez-vous avec le cuisinier pour faire son portrait et des photos de la cuisine.
A demain.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire