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Ce matin, nous faisons route vers l’archipel de Madère. Après mon petit-déjeuner, je suis allé faire un tour à la passerelle. Je réalise que je parle souvent de la "passerelle"... il s'agit du poste de commande du bateau. Il est constitué d’une grande zone couverte où se trouvent toutes les commandes et les instruments de navigation et de deux parties extérieures, qui débordent sur bâbord et tribord jusqu’au droit de la coque, d’où l’on peut également diriger le cargo. Ces prolongements extérieurs servent essentiellement lors des manœuvres portuaires car ils offrent une meilleure visibilité à l’approche d’un quai, par exemple.
Je vous donne également, régulièrement, l’heure en Temps universel (TU) ou GMT pour Greenwich Meridian Time, soit celle du méridien de Greenwich qui passe exactement par Londres, où cette ligne imaginaire est même matérialisée. Votre heure locale est actuellement en France TU+1 (en été TU+2). En parlant de méridien, nous sommes, à l’heure ou j’écris, par 13°31’ West donc 13° à l’ouest du méridien susnommé. Voilà pour la longitude et pour la latitude, nous nous trouvons par 34°32’ North, soit 34° au nord de l’Equateur qui est cette fois la ligne de référence pour les parallèles.
En croisant ces deux lignes, vous obtenez la position du "Marajo" à cet instant T. Mais comme nous avançons à 16 Nds à l’heure, nous serons au large de Madère quand vous me lirez. Si vous êtes hermétique aux abscisses et aux ordonnées, allez sur le site du trafic de la marine marchande et, grâce à l’oeil du satellite, vous verrez notre position exacte en temps réel, en cartographie ou en image (avec le zoom, les conteneurs sont même visibles). N'oubliez pas de taper le nom du bateau précédé de celui de la compagnie «MARFRET MARAJO»
Vous l'imaginez, ma tentation est grande de peindre un message ou une fresque au sommet des conteneurs, trace qui serait visible du monde entier, tout en étant mobile ! Une sorte de ship-art en somme… Je vais y réfléchir, mais pour l’instant je doute que le commandant donne son autorisation pour ce genre d’exercice. Et l’on comprend pourquoi.
Après ce petit rappel géographique... Nous avons changé de fuseau horaire cette nuit. J'ai pensé à l'officier de quart présent à la passerelle au moment du changement. Allait-il faire une heure supplémentaire ? Eh bien non ! Chaque officier fait vingt minutes supplémentaires pour "rattraper" le temps. Autre précision au sujet de la passerelle, la journée est divisée en six fois quatre heures. Chaque officier fait donc deux quarts de quatre heures - soit huit heures consacrées à la marche du navire - puis effectue deux heures de travaux divers en fonction de ses responsabilités (sécurité, intendance, etc). L’ensemble des marins à bord travaille donc, en moyenne, dix heures par jour et sept jours sur sept. On est loin des 35 heures…
Cette nuit vers 4h, j'ai été réveillé par la pluie battant sur les hublots et aussi par le bruit de l’eau qui se déverse d’un pont à l’autre. Nous avons en effet traversé des grains. Vers 8h, heure locale, le soleil à pointé son nez et depuis, les nuages disparaissent petit à petit. Après avoir dépassé la "Perle de l’Atlantique", réceptacle en ce moment d'une légère dépression, nous devrions aller définitivement vers le beau temps.
Aujourd’hui, le Festival international de la bande dessinée débute à Angoulême et cette année je ne pourrai pas y être. J’ai donc une pensée très forte pour ceux qui m’ont fait découvrir cette manifestation...
A demain.
salut Erick,
RépondreSupprimerUn vrai plaisir de te lire et de t'accompagner dans ce périple, au rythme des escales et de tes réflexions,
Te voilà au presque milieu de l'océan sur ce mastodonte des mers parmi toutes ces boites, les 20', les 40', les dry, open top, flat et autres frigos peut être, des rouges, des vertes, des bleus et des roses, toutes ces boites repérables avec leurs chiffres et leurs lettres..
bref, un "univers" de boites...à mettre en boite peut être ou à "domestiquer"...
à bientôt
gilles